Newsletter

Pour être informé des mises à jour
inscrivez-vous


chiro-sans-frontiere.JPG Entretien avec Christian Genest, DC

Président de "Chiropratique sans Frontières"



Le monde médical a toujours été présent sur la scène de l’aide humanitaire. De nombreuses organisations exportent leurs savoir-faire à travers le monde. Fait moins connu, la profession chiropratique contribue elle aussi à améliorer la santé des plus démunis. Nous nous sommes intéressés à une organisation des plus actives, Chiropratique sans frontières (CSF).

Le Dr Christian Genest pratique la chiropratique depuis 21 ans, à Montréal. Il est également clinicien à l’université du Québec, à Trois-Rivières, où il encadre les étudiants en internat de dernière année. Cofondateur et actuel président de Chiropratique sans frontières, il a partagé avec nous sa passion : aider ceux qui sont dans le besoin à vivre mieux grâce à la chiropratique.

ViBe : Comment est née CSF ?
Christian Genest :
En 2003, un groupe d’étudiants en dernière année de chiropratique, à l’université du Québec, à Trois-Rivières (UQTR), a entrepris une mission en Bolivie sous l’impulsion des docteurs Jean-François Pépin (étudiant à l’époque) et Félix Louis, chiropraticien et professeur au département de chiropratique. Une seconde mission fut organisée en 2004 à Haïti. Suite au succès de ces deux voyages, nous avons voulu réitérer et développer ce type de mission. C’est ainsi que le Dr Pierre-Félix Louis et moi-même avons créé CSF pour permettre à d’autres chiropraticiens et d’autres étudiants de renouveler cette expérience, année après année. Nous avons obtenu notre statut d’ONG en mai 2005 et, peu de temps après, nous nous sommes joints à Terre sans frontières (TSF) qui coordonne aussi des missions de Dentistes sans frontières ou d’Optométristes sans frontières.

ViBe : Quels sont les objectifs de votre organisation ?
C. G. :
Dans les pays en voie de développement, les difficultés économiques auxquelles les gens font face les privent souvent d’un accès aux soins de santé de base. Science de la santé naturelle, la chiropratique n’a recours ni aux médicaments, ni à la chirurgie. C’est un atout majeur dans l’aide humanitaire, car il n’y a pas besoin de grands moyens. L’action de CSF repose donc sur l’intervention bénévole de chiropraticiens qui se rendent sur le terrain pour offrir leurs compétences.

ViBe : Les populations locales connaissent-elles la chiropratique ?
C. G. :
Non ! Dans la majorité des cas, elles n’ont jamais entendu parler de la chiropratique. La population est informée que les chiropraticiens ne prescrivent pas de médicaments mais aident le corps à guérir naturellement. Le principe chiropratique est très bien accueilli. Je pense que c’est dû à deux raisons. Tout d’abord, ces populations ont une grande ouverture pour les médecines naturelles car elles sont souvent issues d’une culture ancestrale qui reconnaît le pouvoir de guérison du corps. Et puis, les communautés les plus pauvres sont délaissées par la médecine orthodoxe qui reste trop chère dans ces pays.

ViBe : Ils doivent, en effet, apprécier votre venue.
C. G. :
Oui. L’échange entre la population locale et le groupe de chiropraticiens est d’une grande richesse. Même s’il arrive qu’on ne puisse pas communiquer, la reconnaissance de ces personnes est très touchante. Certains d’entre eux nous offrent parfois des petits cadeaux artisanaux. On sent qu’ils apprécient sincèrement l’attention que nous leur portons au travers des soins, attention que souvent ils n’espéraient plus. Nous-mêmes sommes très reconnaissants de pouvoir vivre ces moments de partage. D’ailleurs, tous les docteurs et étudiants de dernière année, qui ont participé à ces missions, notent avoir été profondément touchés.

ViBe : Pouvez-vous nous faire partager une expérience lors de vos missions ?
C. G. :
Il y en a eu tellement ! Mais je peux vous parler d’une dame qui est passée lors d’une mission à Santa-Cruz (Bolivie) en août 2004. C’est soutenue par son mari qu’elle est venue nous voir. Elle a noté perdre peu à peu l’usage de ses jambes, ainsi que le contrôle de la vessie. Sur notre recommandation, elle a fait un IRM que tout le village a aidé à financer. L’examen a révélé une massive hernie discale dans le bas du dos. Après deux semaines de soins chiropratiques, elle a noté une légère amélioration. Après notre départ, elle a continué les soins avec le docteur Firestone, chiropraticien installé à Santa-Cruz. À notre retour en Bolivie, en décembre 2004, elle marchait naturellement et la hernie s’était résorbée.

ViBe : Quels sont les projets de CSF dans les années à venir ?
C. G. :
Il est essentiel pour nous d’œuvrer dans une optique de développement durable. En termes de santé, cela veut dire mettre en place la structure pour former des chiropraticiens. Cela se fera probablement à travers les universités locales qui pourront proposer dans leur programme un doctorat en chiropratique. Notre objectif est également de « mondialiser » la chiropratique en contribuant, par exemple, à la mise en place d’une législation favorable à la profession dans les pays où nous faisons des missions.

 

Chiropratique sans frontières
Basé au Québec, CSF organise et coordonne des missions de soins chiropratiques à travers le monde. En 2007, le Honduras, le Guatemala, l’Équateur et les Philippines accueilleront un groupe de docteurs en chiropratique qui dispensera des soins gratuitement. Pour plus d’informations sur CSF et soutenir leurs efforts à travers un don :

399 rue des Conseillers - Bureau 23 - La Prairie - Québec
J5R 4H6 - www.chiropratiquesansfrontieres.ca

Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés