Garder bébé près de soi
Qui n’a pas, naturellement et en douceur, posé sa main sur le ventre, la jambe ou la main du bébé qu’on vient de nous présenter. Ce geste instinctif semble refléter la nécessité du contact pour le bon développement du nouveau-né. La proximité physique avec son enfant, évidente dans d’autres cultures, reste moins courante dans notre société. Pour le bien de bébé, découvrons l’importance de le garder prés de soi.
Un besoin vital de contact
Comparé aux autres mammifères le nouveau-né humain arrive dans un état de prématurité considérable. Le besoin de contact physique à travers le toucher, le portage ou encore l’allaitement est
essentiel pour son développement et parfois pour sa survie. En effet une surprenante observation fût faite dans les années 80 dans un service d’obstétrique. Par mesure de sécurité les bébés mis
en couveuse devaient être manipulés le moins possible. La croissance de ces enfants s’arrêtait malgré l’effort des médecins. Or à la surprise du corps soignant, un groupe de ces petits continuait
à grandir normalement. Ce fut expliqué par le fait qu’une nouvelle infirmière, n’ayant pas pu résister aux pleurs des petits, leur caressait le dos pour les rassurer. Ce simple geste a
considérablement augmenté la chance de survie de ces enfants (1). Le toucher si important au développement est naturel dans de nombreuses cultures. Les bébés sont souvent massés au beurre de
Karité en Côte d’Ivoire, et les mamans vietnamiennes modèlent et affermissent les muscles de leur enfant dès ses premiers jours.
Partager le quotidien avec bébé
En plus du massage, le portage, comme nous l’apprends Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau (2), reste un moyen efficace pour stimuler bébé. Elle note que les enfants portés pleurent moins ;
l’allaitement et le sommeil sont plus faciles ; le développement moteur est plus harmonieux. Elle ajoute que porter son enfant lorsque c’est physiquement possible peut s’avérer plus pratique
qu’une poussette lors d’une ballade ou lorsqu’on prend le métro. De plus, les petits étant proches de leur mère profitent plus souvent de l’allaitement.
L’allaitement reste avant tout un choix culturel
Dans ce domaine, la France a du retard. En effet, les Françaises sont en Europe celles qui nourrissent le moins longtemps leur enfant au sein. Pourtant, L’O.M.S (3) préconise clairement de donner
le lait de la naissance à 6 mois. Les scandinaves, riches d’une efficace politique familiale, ont des taux d’allaitement allant jusqu’à 98% au cour des premiers mois (4). Au Rwanda, en Egypte ou
encore en Chine les mamans allaitent dans la grande majorité pendant plus d’un an. Un autre facteur favorisant la proximité physique est de permettre à son enfant de dormir dans la même chambre
(5). Le sommeil partagé s’avère courant en Asie et en Afrique mais aussi en Scandinavie où plus de la moitié des bébés dorment avec leur mère.
Notre société où la reprise du travail a souvent lieu 2 mois et demi après l’accouchement rend parfois difficile cette proximité pourtant bénéfique pour l’enfant. Les grands parents peuvent s’avérer une aide précieuse. Pour les parents inquiets de rendre trop dépendant leur enfant, il est utile de savoir que pour l’allaitement comme pour le portage, le sevrage se fait naturellement et votre enfant vous le fera savoir.
(1) Schanberg, S. (1994), « Genetic basis for touch effects », Touch in Early Development,
T. Field, Hillsdale, NJ, Erlbaum, p.67-80.
(2) Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau auteur de Porter bébé, avantages et bienfaits aux éditions Jouvence, est rédactrice en chef de la revue de l’association, Allaiter aujourd’hui.
(3) Site de l’Organisation Mondiale de la santé. http://www.who.int/fr/
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(4) Magazine Ekilibre n°01, p.54-58.
(5) Voir l’article « Je peux dormir avec vous ? » dans ViBe n° 2 ou sur www.magazinevibe.com